Année 1999
Le
Japon reporte l'utilisation d'un combustible nucléaire aprés
Tokaimura
TOKYO, 18 nov 1999 (AFP)
[Mise en ligne le 18/12/1999]
Une compagnie électrique japonaise a annoncé jeudi qu'elle
reportait d'un an son programme d'utilisation du combustible nucléaire
recyclé MOX dans l'une de ses centrales, en raison des craintes
du public aprés l'accident de Tokaimura. Le MOX, un combustible
contenant des oxydes d'uranium et de plutonium, a été
fabriqué en France par la société COGEMA et en
Grande-Bretagne par BNFL. Il était arrivé en septembre
au Japon, après le premier convoi de ce type entre l'Europe et
l'archipel. Tokyo Electric Power Co (TEPCO), le plus gros producteur
électrique mondial, a indiqué que le report avait été
demandé par les autorités locales après l'accident
survenu le 30 septembre dans le complexe privé de Tokaimura au
nord de Tokyo.
"Cet accident a accru l'inquiétude et la méfiance
de la population vis à vis du nucléaire", a expliqué
un porte-parole de la municipalité de Kashiwazaki, où
est implantée une centrale de TEPCO, à 240 km au nord
de Tokyo. La compagnie électrique a indiqué qu'elle avait
accepté de reporter l'introduction du MOX, jusqu'à prèsent
prèvue en fèvrier 2000. Elle a prècisé que
la décision avait été également prise parce
que le combustible n'était pas encore parvenu à la centrale.
Mais, a précisé le groupe, ce report ne remet pas en cause
l'utilisation du MOX à Kashiwazaki. Le programme nucléaire
japonais prévoit que de 16 à 18 réacteurs utiliseront
cette technologie à l'horizon 2010.
Le MOX, dèjà présent dans plusieurs centrales
européennes en complément de l'uranium enrichi, permet
d'économiser l'uranium naturel et de brûler le plutonium
dont le stockage pose problème. Kansai Electric Power, l'autre
compagnie électrique ayant reçu du MOX en septembre, a
indiqué que son programme n'était pas remis en cause et
qu'elle entendait utiliser le MOX dans sa centrale de Takahama (est)
d'ici un an.
shi-jri/fmp
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