Année 2002
Les
syndicats privilégient le dialogue avant que les salariés
sous-traitants de la Cogéma cherchent à durcir le ton
Ouest France, 13 mars 2002
Par Nicolas Denoyelle
[Mise en ligne le 13/03/2002]
Face aux difficultés rencontrées par
les salariés des entreprises sous-traitantes de Cogéma,
les syndicats se mobilisent pour obtenir des négociations. Hier,
la CFDT a annoncé que des mouvements symboliques se mettraient
en place pour que les services publics et le patronat acceptent de renouer
le dialogue.
« La situation de plus de 2 000 salariés
de la sous-traitance de Cogéma dans la Cotentin devient de plus
en plus préoccupante et nous n'allons pas rester sans rien faire
». Hier soir, à l'issue d'une réunion regroupant
les représentants syndicaux d'une quinzaine d'entreprises sous-traitantes,
Philippe Tanguy et Michel Gobert de la CFDT semblaient remontés.
« Ce qui se passe dans les entreprises nous afflige. Les économies
demandées par Cogéma aux sous-traitants provoquent des
changements radicaux dans la façon de faire et une baisse de
la qualité des prestations est inévitable avec le système
qu'ils mettent en place. Ils commencent à mettre en l'air des
années de savoir-faire et d'expérience sur le site. À
terme c'est dangereux pour la sécurité de l'installation
». Depuis trois ans maintenant, les représentants de la
CFDT dans ces entreprises se rencontrent régulièrement
pour faire le point sur l'emploi dans leurs entreprises. Parmi les sujets
régulièrement évoqués, le taux de dépendance
de chaque société par rapport à Cogéma.
« Ce n'est pas très reluisant. Si dans l'ensemble ce taux
est à la baisse c'est surtout à cause de pertes de marchés
plutôt que grâce à une certaine diversification ».
Appel à débrayer
Selon le syndicat, plusieurs entreprises créent des filiales
pour répondre aux appels d'offre et contraignent leurs salariés
à intégrer ces PME qui rémunèrent moins
bien. « Le salarié n'a pas le choix. Soit il accepte de
travailler à des conditions moins avantageuses, soit on le fout
à la porte. À force, il va y avoir une perte des compétences
sur le Nord-Cotentin ». Le mois dernier, les syndicats avaient
interpellé les pouvoirs publics et les grands patrons du nucléaire
sur ces points. Tous les syndicats avaient proposé un texte commun
pour « moraliser la sous-traitance ». Depuis, ils estiment
que le dialogue a été rompu par l'ensemble des chefs d'entreprise
qui leur reprochent de porter atteinte à la liberté d'entreprise
et à la libre concurrence. « Cependant, nous ne souhaitons
pas en arriver à de mauvaises actions. Nous voulons privilégier
le dialogue, explique Philippe Tanguy. Mais en face, il faut que les
patrons et les pouvoirs publics répondent présents ».
Un appel au calme que les syndicats espèrent pouvoir tenir tant
la tension monte chez les salariés concernés. La CFDT
et la CGT appellent donc tous les personnels de la sous-traitance à
un débrayage devant l'ANPE du site de La Hague, mardi 19 mars
à 11 h. « Les salariés de la Cogéma seront
bienvenus également, ainsi que tous les élus, quelle que
soit leur étiquette ».
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