Année 2002
Le
Parlement ne veut pas renoncer à latome
Comme la Chambre des Cantons,
celle du peuple, ne veut pas renoncer à l'énergie atomique,
ni limiter la durée de vie des cinq centrales existantes.
swissinfo, 20 juin 2002
Adresse d'origine : http://www.swissinfo.org/sfr/Swissinfo.html?siteSect=111&sid=1202349
[Mise en ligne le 27/06/2002]
Malgré un débat de près de neuf heures, le Conseil
national n'a pas réussi jeudi à terminer l'examen des
105 articles de la loi sur l'énergie nucléaire. Puisque
la session se termine vendredi matin, les débats ne reprendront
qu'en septembre. C'est cet automne également que les députés
se prononceront sur les initiatives «Sortir du nucléaire»
et «Moratoire plus».
Jusqu'à présent, la Chambre du peuple s'est montrée
encore plus favorable au lobby atomique que le Conseil des Etats. Le
conseiller fédéral Moritz Leuenberger et le camp rose-vert,
soutenu par quelques PDC, ont rappelé en vain que cette loi était
censée servir de contre-projet indirect aux deux initiatives
anti-nucléaires.
Pas de délai
Par 83 voix contre 62, le National n'a pas voulu mentionner l'abandon
progressif du nucléaire dans la loi. Les propositions du camp
rose-vert tendant à la mise hors service des centrales après
30 ou 40 ans n'ont eu aucune chance.
La gauche a jugé irresponsable de poursuivre dans la voie du
nucléaire en raison des risques importants qui y sont liés.
Les déchets radioactifs continueront de mettre en danger la planète
pendant des centaines de milliers d'années, a lancé Ursula
Wyss (PS/BE).
Pour la majorité bourgeoise, la Suisse n'est pas en mesure de
se passer de l'atome, qui couvre environ 40 % des besoins énergétiques.
Il n'existe encore aucune alternative suffisante et s'approvisionner
en énergie nucléaire à l'étranger serait
hypocrite, ont martelé les orateurs de droite.
Retraitement
Dans la foulée, le National n'a pas voulu interdire l'exportation
des déchets nucléaires vers les usines de retraitement
de La Hague (F) et de Sellafield (GB), comme le proposait le gouvernement.
Par 76 voix contre 63, il a laissé la porte ouverte à
ce procédé, se contenant de fixer des conditions dans
la loi.
Le Conseil des Etats avait décidé en décembre
de geler les exportations de déchets nucléaires pendant
dix ans dès la mi-2006, date de l'expiration des contrats en
cours. Le National ne s'est pas encore prononcé sur ce compromis.
Pour l'heure, il n'est pas question de renoncer au retraitement, qui
est la meilleure façon de «recycler» les déchets
radioactifs, a affirmé Ulrich Fischer (PRD/AG) au nom de la majorité
de la commission. Radicaux, libéraux et démocrates du
centre ont abondé en ce sens.
Odilo Schmid (PDC/VS) a critiqué ce procédé «obsolète»
qui produit du plutonium et des rejets de substances radioactives dans
l'air et dans l'eau. Le taux de leucémies est particulièrement
élevé autour des usines de retraitement, a ajouté
Franziska Teuscher (Verts/BE).
La minorité n'est pas parvenue non plus à imposer l'obligation
d'évacuer et de stocker les déchets radioactifs produits
en Suisse uniquement dans le pays. La loi prévoit que cela doit
être le cas «en principe», car il n'est pas exclu
que des solutions plus adéquates se présentent à
l'étranger, a répliqué le camp bourgeois.
Nouvelles centrales
Dans le domaine de l'attribution d'autorisations pour les nouvelles
centrales, le National a fait une fleur aux énergies renouvelables.
Par 71 voix contre 62, il a décidé que le feu vert à
un nouveau réacteur nucléaire ne pourra être donné
que s'il est prouvé que le courant «vert» ne suffit
pas à couvrir les besoins à des coûts égaux
ou inférieurs.
En revanche, la majorité n'a pas voulu que l'autorisation de
construire une centrale dépende de l'existence d'un dépôt
final pour les déchets hautement radioactifs. Par 62 voix contre
59, elle s'est alignée sur le Conseil des Etats pour refuser
aux cantons un droit de codécision sur l'octroi des autorisations.
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