Année 2002


La Cogema mise en examen pour "pollution, abandon et dépôts de déchets"

AFP, 6 septembre 2002

Adresse d'origine : http://fr.news.yahoo.com/020906/202/2qoce.html

[Mise en ligne le 11/09/2002]

LIMOGES (AFP) - La Cogema a été mise en examen à Limoges pour "pollution, abandon et dépôts de déchets" sur plusieurs sites de Haute-Vienne proches d'anciennes mines d'extraction d'uranium où étaient entreposés des déchets radioactifs, a-t-on appris vendredi auprès de l'avocat de la Cogema, Me Marc Courtaud.

L'affaire a été déclenchée par une plainte déposée en mars 1999 par "Sources et rivières du Limousin", une association limousine de défense de l'environnement qui accuse la Compagnie générale des matières nucléaires (Cogema) d'avoir pollué plusieurs cours d'eau qui traversent l'ancien bassin minier.

"Cette pollution affecte également le lac de Saint-Pardoux, une des principales bases de loisirs du Limousin" et les rivières contaminées "alimentent une des réserves d'eau potable de la ville", selon l'association France Nature, qui s'est portée partie civile dans ce dossier.

Cette mise en examen qui vise la Cogema en tant que personne morale a été prononcée vendredi dernier par le juge d'instruction Gérard Biardeaud, selon le quotidien le "Populaire du Centre" dans son édition à paraître samedi.

"Dès 1994, un rapport de la CRII-RAD (commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) commandé par le Conseil régional et le Conseil général de Haute-Vienne faisait état de fortes contaminations radioactives des rivières et ruisseaux du bassin minier", rappelle un communiqué commun des deux associations.

"Nous contestons nous être livré à une quelconque pollution", a affirmé Me Courtaud, l'avocat parisien du groupe Areva (ex-Cogema). Le groupe n'était pas joignable vendredi.

Cette mise en examen pose plus généralement la "problématique de la remise en état des sites après exploitation", a indiqué Pierre Boyer, de France Nature Environnement, en précisant qu'il était important "de savoir dans quel état on abandonne (ces sites) et avec quelles précautions on réalise un certain nombre d'aménagements de nature à éviter une diffusion de la pollution radioactive, tant au sous-sol qu'en surface".

"C'est une grande satisfaction car c'est l'aboutissement d'un travail de plusieurs années", a affirmé Bernard Drobenko, responsable de l'association "Sources et rivières du Limousin", qui avait réalisé entre 1995 et 1997 plusieurs études complémentaires afin d'étudier les niveaux de pollutions.

Les diverses analyses de la CRII-RAD, en 1994 puis en 1998, ont révélé une contamination élevée -notamment en uranium 238, en uranium 235, radium et fluorure- de plusieurs sites tel que le Ritord, un ruisseau qui alimente le lac de Saint-Pardoux et la Gartempe, un ruisseau traversant le site industriel de Bessines.

Selon "Sources et rivières du Limousin", les cinq sites les plus contaminés se trouvent près des communes de Bessines, Compreignac, Razès, Saint-Sylvestre et Saint-Pardoux.

La Cogema a commencé a exploiter les zones uranifère du Limousin à la fin des années 60 jusqu'au 31 mai 2001, date de la fermeture de la dernière mine de Jouac. Après leur fermeture, les sites des mines de Bessines, Margnac et de Pély ont servi de dépôt pour des déchets radioactifs.

Retour au sommaire