Année 2002
Le
Conseil d'Etat examine un recours de Greenpeace contre EDF
La Recherche - AFP, Paris, 4 novembre 2002
[Mise en ligne le 31/10/2002]
Le Conseil d'Etat a examiné lundi un recours
de l'association écologiste Greenpeace et de l'association de
consommateurs UFC-Que Choisir de la Vienne contre EDF, concernant l'offre
de chauffage électrique Vivrélec.
Les deux associations reprochent à EDF, sous
couvert d'amélioration des installations de chauffage électrique
des particuliers, de faire la promotion de ce mode de chauffage, "de
loin le plus coûteux d'utilisation pour les ménages",
selon Hélène Gassin, de Greenpeace France.
Elles réclament l'arrêt de l'offre
Vivrélec, lancée en 1996 par EDF et renouvelée
sous une forme légèrement modifiée en 2001.
A l'issue de l'audience lundi, la commissaire du
gouvernement a jugé recevable le recours déposé
par les deux associations, mais a rejeté leur demande.
Les conclusions du commissaire du gouvernement sont
généralement suivies par le Conseil d'Etat, mais une surprise
est toujours possible, a indiqué, déçu, l'avocat
de Greenpeace, Alexandre Faro.
Le chauffage électrique a un coût d'usage
de 20 à 30% plus élevé que les autres formes d'énergie
et "a également un coût environnemental considérable",
souligne Greenpeace : déchets des centrales nucléaires
et émissions de CO2 des centrales thermiques au charbon utilisées
en période de pointe.
L'association souligne que l'article 44 de la loi
du 10 février 2000 relative au service public de l'électricité
prévoit explicitement qu'EDF ne peut proposer aux particuliers
"que des prestations de conseil destinées à promouvoir
la maîtrise de la demande d'électricité".
EDF fait valoir que Vivrélec, qui s'accompagne
de normes d'isolation thermique des logements, aboutit à un meilleur
rendement que les anciens convecteurs électriques.
De son côté, Greenpeace observe que
l'offre ne se borne pas au remplacement d'appareils anciens mais fait
la promotion du chauffage électrique dans le neuf, avec un objectif
affiché en 1996 de 20% de part de marché dans les nouveaux
logements.
En 2000, le chauffage électrique a équipé
43% des logements neufs, dont 35% avec l'offre Vivrélec.
Plus de 7 millions de logements (30% du parc français)
sont aujourd'hui chauffés à l'électricité
contre un million (6%) en 1975, une situation unique en Europe, relève
une étude du cabinet AERE publiée lundi par Greenpeace.
La commissaire du gouvernement a réfuté
les arguments présentés par les associations. Elle a notamment
estimé qu'avec 43% du marché du chauffage des logements
neufs, EDF ne pouvait être taxé de position dominante.
Le jugement sera rendu dans trois semaines.
© 2002 AFP
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