Année 2003


Les sénateurs belges entérinent l'abandon du nucléaire d'ici à 2025

La Recherche -AFP, Bruxelles, 16 janvier 2003

[Mise en ligne le 21/01/2003]

Le Sénat belge a entériné jeudi un projet de loi prévoyant la fermeture progressive entre 2015 et 2025 des sept centrales nucléaires de Belgique, qui avait déjà été voté le 6 décembre par la Chambre des députés.

Trente-quatre sénateurs se sont prononcés en faveur du projet, 16 ont voté contre et deux se sont abstenus.

Le texte adopté, dont les grandes lignes figuraient dans l'accord de gouvernement conclu en juillet 1999 par la coalition "arc-en-ciel" (libérale-socialiste-écologiste) au pouvoir, prévoit que "les centrales nucléaires seront démantelées dès qu'elles auront atteint l'âge de 40 ans".

Ainsi, les premières centrales seront fermées "dès février 2015, les dernières en 2025", selon le secrétaire d'Etat à l'Energie, l'écologiste Olivier Deleuze.

Le projet de loi prévoit toutefois que le gouvernement belge pourra, d'ici au démantèlement des centrales, prendre des "mesures appropriées" si l'approvisionnement du pays était menacé ou en cas de nouveau choc pétrolier, mais "sans remettre en cause le principe de l'abandon du nucléaire", selon M. Deleuze.

Plusieurs sénateurs socialistes et libéraux, membres de la majorité, n'ont pas caché leurs états d'âme lors des débats parlementaires et expliqué qu'ils votaient cette loi, contestée également par les milieux industriels, avant tout pour "respecter les accords gouvernementaux".

M. Deleuze s'est toutefois dit convaincu que le renoncement à l'énergie nucléaire était "irréversible", même en cas d'absence des écologistes dans le gouvernement qui sera formé après les élections générales du 18 mai prochain.

"Les industriels savent qu'il existe à présent un risque à investir dans le nucléaire en Belgique, même si les écologistes ne sont plus au gouvernement, car un retour des Verts au pouvoir n'est tout de même pas exclu d'ici à 2015", a-t-il déclaré jeudi au cours d'une conférence de presse.

M. Deleuze a par ailleurs tenu à rassurer ceux qui craignent qu'un désengagement des producteurs d'électricité dans la filière nucléaire ait des conséquences sur la sécurité des centrales existantes.

La sénatrice socialiste Anne-Marie Lizin, maire de Huy (centre), où est située une centrale nucléaire, a expliqué qu'elle avait voté contre le texte en raison de ce type de préoccupation.

En réponse, M. Deleuze a souligné que l'Agence fédérale du contrôle nucléaire "continuerait à inspecter les centrales existantes".

Selon le secrétaire d'Etat à l'Energie, l'abandon du nucléaire, qui fournit actuellement quelque 60% de l'électricité produite en Belgique, "n'aura aucune influence sur le prix de l'électricité", grâce à la prochaine libéralisation du marché européen de l'électricité.

Des incitations fiscales seront mises en place pour promouvoir l'investissement dans des énergies alternatives, a-t-il encore souligné.

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