Année 2003


Les Suisses n'ont pas voulu «sortir du nucléaire»

Edicom -The Associated Press, Berne, 18 mai 2003

Seul Bâle-Ville a accepté les deux initiatives anti- atomiques.

[Mise en ligne le 19/05/2003]

Les Suisses n'ont pas voulu se priver de l'énergie nucléaire, qui assure 40% de l'approvisionnement en électricité du pays. Lors des votations fédérales de dimanche, ils n'ont également pas voulu prolonger le moratoire sur la construction de nouvelles centrales nucléaires. Seul le canton de Bâle-Ville a approuvé les deux initiatives.

Par 1.540.164 voix (33,7%) contre 783.718 (66,3%), les citoyens ont rejeté l'initiative populaire «Sortir du nucléaire». Ils ont ainsi suivi les arguments des producteurs d'énergie et n'ont pas voulu priver le pays, au plus tard d'ici 30 ans, d'une de ses principales sources d'approvisionnement électrique.

Alors que les cantons d'Argovie et de Soleure, région où se trouvent les centrales nucléaires, ont massivement rejeté l'initiative, seul Bâle-Ville a dit oui par 52% des voix. Parmi les cantons romands, le Valais vient en tête avec 71,2% de non, le rejet étant moins prononcé dans les cantons de Fribourg (66,5%), Vaud (62,7%), Neuchâtel (60,0%), Jura (58,0%) et Genève (57,2%).

Menaces de pénurie

Les citoyens n'ont ainsi pas voulu d'une solution tranchée en matière d'énergie nucléaire, à la fois «propre et bon marché» à la production et «sale et dangereuse» par les risques de fonctionnement et les déchets qu'elle lègue aux générations futures. Alors que les «énergies douces» ne sont pas prêtes à prendre la relève, la menace d'une pénurie d'électricité, brandie par les producteurs, a pesé de tout son poids.

De même, les citoyens ont rejeté un nouveau moratoire de dix ans sur la construction de nouvelles centrales par 1.341.512 voix (58,4%) contre 955.593 (41,6%). Le projet, semblable à celui approuvé il y a 13 ans en votation fédérale, n'a cette fois pas passé la rampe. Seuls Bâle-Ville et Bâle-Campagne l'ont approuvé par 57,9% et 50,2%, respectivement. Il faut rappeler que leur population s'était battue contre la construction d'une centrale nucléaire à Kaiseraugst.

Valais en tête

Pour le moratoire, le Valais avec 68,3% de non vient en tête des refus à égalité avec Argovie. En Suisse romande, Fribourg a enregistré 58,3% de non, Vaud 55,8%,Jura 54,5%, Neuchâtel 54,2% et Genève 51,5%.

En période de difficultés économiques, les menaces sur l'emploi ont pesé sur le débat et les citoyens n'ont pas cru aux promesses des initiateurs de créer des milliers d'emplois dans les domaines liés aux «énergies douces», dont la production est encore marginale aujourd'hui.

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