Année 2003


British Energy a perdu plus de quatre milliards de livres

Libération -Reuters, Londres, 3 juin 2003

Adresse originale : http://www.liberation.fr/page.php?Article=115079

[Mise en ligne le 04/06/2003]

British Energy, premier producteur d'électricité du Royaume-Uni, a publié mardi une perte avant impôt annuelle supérieure à quatre milliards de livres et reconnu que son avenir resterait menacé pendant au moins un an.

L'exploitant privatisé de centrales nucléaires, qui produit 20% du courant consommé en Grande-Bretagne, avait dû être renfloué par l'Etat l'an dernier, la baisse des prix de l'électricité l'ayant poussé au bord du dépôt de bilan.

Les dépréciations d'actifs sur son parc de centrales et d'autres charges exceptionnelles ont porté sa perte avant impôt à 4,292 milliards de livres sur l'exercice clos au 31 mars.

Et le groupe a renouvelé un avertissement désormais habituel, expliquant que ses efforts de restructuration pourraient ne pas suffire à lui éviter la faillite.

"L'année écoulée a été traumatisante pour British Energy et ses actionnaires", a reconnu le président du groupe, Adrian Montague, qui a succédé cette année à Robin Jeffrey.

Il a souligné que l'entreprise n'était pas sortie d'affaire en raison de "l'horizon sombre" promis au secteur en matière de tarifs.

Même en excluant les dépréciations d'actifs, qui se sont élevées à 3,738 milliards de livres, et les autres charges exceptionnelles, le résultat reste dans le rouge avec une perte courante de 130 millions de livres environ, contre un bénéfice de 42 millions l'an dernier.

Le gouvernement britannique avait lui même accentué les difficultés du groupe en imposant des baisses de tarif pour favoriser la concurrence, obligeant British Energy à faire fonctionner à perte certaines de ses centrales.

Pour tenter de sauver la société, l'Etat a notamment accepté d'assumer les frais de démantèlement des réacteurs et d'autres charges, ce qui devrait se traduire, pour le contribuable britannique, par un coût annuel de 200 millions de livres au cours de la prochaine décennie.

La survie de British Energy dépend désormais du bon vouloir de ses créanciers, priés de tirer un trait sur certains emprunts, et de la Commission européenne, qui doit encore rendre son avis sur la légalité des aides publiques.

La société ne s'attend pas à une décision de Bruxelles avant l'été 2004 au plus tôt.

Le plan de sauvetage est en outre contesté par certains concurrents du groupe, qui arguent du fait que les aides publiques n'ont fait que pousser un peu plus à la baisse les prix du marché, et par les opposants au nucléaire, qui militent pour une fermeture pure et simple des centrales au profit de sources d'énergie renouvelables.

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