Quatrième trimestre 2000


Le Secrétaire d'Etat à l'Énergie belge accuse le lobby nucléaire de tentative "de saboter une décision du gouvernement"

[Mise en ligne le 18/10/2000]

Ci-après le texte intégral d'un communiqué de presse publié par le Secrétaire d'État à l'Énergie et au Développement Durable de Belgique le 12 Octobre 2000.



CABINET DU SECRÉTAIRE D’ÉTAT À L’ÉNERGIE ET AU DÉVELOPPEMENT DURABLE

rue des Colonies 56, 1000 BRUXELLES
Tél. 02/227.07.00 - Fax 02/219.79.30

Bruxelles, le 12/10/00

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Retour des déchets nucléaires : Le Lobby nucléaire essaie de saboter une décision du gouvernement

Rappel des faits concernant le retour des déchets nucléaires belges de la Hague (France) :

Le 5 avril dernier un transport de déchets nucléaires (28 canisters) provenant de l’usine COGEMA de la Hague (France) arrivait en train à la gare de Mol/Dessel chez Belgoprocess, une filiale industrielle de l’ONDRAF**. Ce transport, le premier d’une série, a été accepté par la Belgique mais à des conditions strictes fixées par la gouvernement. En effet, le gouvernement par décision du 3 mars dernier, souhaitait avant que d’autres transports ne soient programmés, que des contrôles stricts de qualité soient effectués sur les déchets ainsi réceptionnés par la Belgique.

  1. Le 15 mars 2000, le KERN approuvait les termes suivants dans une lettre adressée à Synatom* par Olivier DELEUZE :
  2. " Le gouvernement a décidé de marquer son accord pour la prise en charge et la réception, incluant le transfert de la responsabilité, des premiers 28 canisters vitrifiés, qui arriveront en Belgique avec le premier transport.

    Le gouvernement a jugé qu’il sera nécessaire de compléter les contrôles physiques effectués sur les canisters avec des analyses destructives des échantillons actifs mis ou à mettre à disposition de l’Etat belge par Cogéma. En cas d’écart entre les analyses, des conditions supplémentaires pourront être fixées pour les livraisons ultérieures.

    Le gouvernement prendra en charge les canisters vitrifiés suivants dans les installations belges prévues à cet effet pour autant que ces conditions supplémentaires éventuelles soient remplies.

    Les contrôles physiques seront effectués par un organisme indépendant choisi par le Secrétaire d’Etat à l’Energie et au Développement Durable, Olivier DELEUZE. Ils porteront d’une part sur la conformité du colis avec les critères d’acceptation établis par l’ONDRAF**, et d’autre part sur le comportement de ces déchets dans le temps afin de garantir ultérieurement la sécurité de leur évacuation. "

    Les termes ont d’ailleurs été repris dans une lettre du 24 mars 2000, envoyée à Greenpeace et cosignée par Guy VERHOFSTADT et Olivier DELEUZE.

  3. En application de cette décision, Olivier DELEUZE a écrit le 6 juillet à l’ONDRAF lui demandant de ne pas donner son assentiment à un deuxième transport pour le moment. Ce qui, dans un premier temps, a amené l’ONDRAF à en faire correctement part à Synatom par lettre du 7 septembre.

  4. Or, il semble à présent que l’ONDRAF voudrait malgré tout autoriser ce transport, s’opposant ainsi aux contrôles décidés par le gouvernement et renforçant ainsi, la méfiance que la société belge nourrit à l’égard du lobby nucléaire et de son opacité.

  5. Olivier Deleuze constate que la mise au point du programme de contrôle des déchets radioactifs est systématiquement sabotée par le lobby nucléaire qui le perçoit comme une ingérence inacceptable des autorités politiques dans un domaine relevant de sa chasse gardée.

Olivier DELEUZE

Renseignements presse : Olivier ARENDT 02/227.07.41

*SYNATOM s.a. : Filiale d’Electrabel et Tractebel, elle est chargée d’assurer l’approvisionnement en matières fissiles des centrales nucléaires belges

** ONDRAF : Organisme national chargé de la gestion des déchets radioactifs .

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