Premier trimestre 2001


TEPCO admet qu'un référendum pourrait mettre fin au programme de MOX

WISE-Paris, le 2 février 2001

[Mise en ligne le 02/02/2001]

Une compagnie d'électricité japonaise a annoncé, ce qui constitue un tournant sans précédent, qu'elle respecterait le résultat d'un référendum local concernant son programme de MOX. "À l'issue du référendum, si le nombre de personnes opposées au Programme Pluthermal [le programme de MOX] est majoritaire, nous ne pourrons pas le mettre en œuvre", a déclaré le président de la Compagnie d'Electricité de Tokyo (Tokyo Electric Power Company, TEPCO), Naoya Minami, lors d'une conférence de presse à Kariwa, au Japon, le 23 janvier 2001, indique le groupe écologiste Green Action basé à Kyoto. Le président de la plus importante compagnie d'électricité du Japon a déclaré que le combustible MOX ne serait pas utilisé dans le réacteur 3 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa si plus de la moitié de la population de Kariwa se prononçait contre ce programme. Les 32 assemblages de MOX livrés à TEPCO en septembre 1999 par Belgonucleaire restent inutilisés, dans l'attente du jugement du procès intenté par Greenpeace Japon, le Centre d'Information Nucléaire des Citoyens (Citizens' Nuclear Information Center, CNIC), le Tokyo Electric Citizens Group ainsi que 2000 citoyens, concernant les procédures douteuses de contrôle-qualité dans l'usine de MOX belge. (voir aussi en anglais : "Belgonucleaire hit by quality-control default suspicion")

Ci-dessous, le communiqué de presse publié par Green Action le 25 janvier 2001
et traduit par WISE-Paris :

Green Action
TEL: 075-701-7223 - FAX: 075-702-1952
Suite 103, 22-75 Tanaka Sekiden-cho, Sakyo-ku, Kyoto, 606-8203JAPAN
TEL: +81-75-701-7223 - FAX: +81-75-702-1952 - Email: amsmith@gol.com


Le sort du combustible MOX à bord du "Pacific Pintail" en route pour Kashiwazaki-Kariwa est incertain.

LE PRESIDENT DE TOKYO ELECTRIC ENVISAGE L'ANNULATION DU PROGRAMME DE MOX SI LES CITOYENS DE KARIWA LE REJETTENT LORS D'UN REFERENDUM

GREEN ACTION APPELLE AU RETOUR VERS L'EUROPE DU TRANSPORT DE MOX

Pour publication immédiate : 25 janvier 2001
Pour plus d'informations, contacter : Stephen Ready ou Aileen Mioko Smith +81-90-3620-9251

Kyoto, Japon - Au cours d'une conférence de presse dans le village de Kariwa, Préfecture de Niigata, le 23 janvier, le président de Tokyo Electric, Naoya Minami, a indiqué que sa compagnie annulerait l'utilisation de combustible MOX (oxyde mixte de plutonium et d'uranium) dans le réacteur 3 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa si plus de la moitié de la population de Kariwa se prononçait contre le programme d'utilisation du MOX au cours d'un référendum. (Ce programme est appelé "Pluthermal" au Japon). Minami a déclaré qu' "au cours du référendum, si le nombre de personnes opposées au programme Pluthermal était majoritaire, nous ne pourrons pas le mettre en œuvre". Ses commentaires ont été accueillis favorablement par les militants anti-MOX à Kariwa, et partout au Japon.

Le 9 janvier, des citoyens et des législateurs de Kariwa avaient annoncé leur intention de collecter des signatures dans la population pour essayer d'imposer un référendum sur la mise en œuvre du programme Pluthermal. Selon la législation japonaise, le groupe dispose d'un mois pour collecter des signatures parmi les résidents du village.

En commençant le 4 février, si les signatures reçues dépassent le vingtième de la population au 4 mars, une motion réclamant un référendum sera soumise au vote du pouvoir législatif du village. Si elle est adoptée, les citoyens de Kariwa voteront pour ou contre l'utilisation de combustible MOX dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa de Tokyo Electric. Le vote aurait lieu en mai.

Bien que l'assemblée du village de Kariwa ait initialement voté par neuf voix contre huit en faveur de la motion réclamant un référendum en décembre dernier, cette tentative a échoué, le maire de Kariwa, Shinada, ayant qualifié ce vote d' "inapproprié" et ayant ordonné à l'assemblée du village de se prononcer de nouveau sur la mesure le 2 janvier 2001. Elle n'a alors pas recueilli la majorité des deux tiers nécessaire pour passer outre le veto du maire. Lors de la deuxième tentative, en février, les signatures seront directement collectées parmi les électeurs. Les supporters de la pétition espèrent rassembler assez de signatures pour convaincre le maire que le référendum doit suivre son cours.

Le 15 janvier, Tokyo Electric a réagi à la campagne de signatures en faveur du référendum en annonçant une visite au domicile de tous les ménages du village. Dans le même temps, la compagnie annonçait son intention d'effectuer le transport d'Europe vers le Japon des 28 assemblages de combustible MOX fabriqués par Belgonucleaire pour la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. La déclaration de Minami de lundi dernier intervient tout juste quelques jours après le départ des assemblages de combustible MOX de port de Cherbourg (France), le 19 janvier à bord du "Pacific Pintail". Les deux vaisseaux armés, le "Pacific Pintail" et son vaisseau-escorte, le "Pacific Teal", ont mis cap au sud, sur une route qui doit doubler le Cap de Bonne-Espérance, poursuivre vers l'Est par la Mer de Tasmanie puis au nord vers le Japon par le Pacifique Sud. Le bateau est attendu au Japon à la mi-mars.

Parallèlement dans la Préfecture de Fukushima, le juge qui doit rendre une injonction dans l'affaire de l'utilisation des 32 assemblages de combustible MOX délivrés par Belgonucleaire à Tokyo Electric en septembre 1999, a mis en demeure Tokyo Electric de fournir à la Cour des informations supplémentaires sur l'état du contrôle-qualité à Belgonucleaire et de répondre aux allégations des plaignants (sous la forme de conclusions soumises par le Dr. Hideyuki Koyama de l'Université de la Préfecture d'Osaka) concernant de très importantes irrégularités dans les données de contrôle-qualité du combustible.

En réponse à la déclaration faite par le président Minami à la conférence de presse d'hier, Stephen Ready de Green Action, a déclaré qu' "il était clair que les compagnies avaient des réserves quant au programme Pluthermal avant même que le scandale de la falsification des données de contrôle-qualité par BNFL éclate en décembre 1999. Le combustible MOX est plusieurs fois plus cher que le combustible d'oxyde d'uranium conventionnel, et les marges de sûreté des réacteurs sont réduites avec du MOX. La déclaration de Minami indique clairement que Tokyo Electric n'a plus d'intérêt à promouvoir ce programme dangereux contre la volonté de la population. Green Action appelle la compagnie à faire faire demi-tour au transport de MOX immédiatement, à le renvoyer vers la France et à annuler tous les plans futurs pour fabriquer, transporter et utiliser du combustible MOX."

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