Quatrième trimestre 2002


Le gouvernement britannique reconnaît qu’une partie des stocks de plutonium séparé et d’uranium du retraitement pourrait « devoir être géré comme déchet »

Le 26 septembre 2002, le gouvernement britannique admettait dans une réponse écrite à une question parlementaire que du plutonium séparé et de l’uranium de retraitement, sous-produits du retraitement, « pourrait devoir être géré comme déchet ». (1)

WISE-Paris, le 19 novembre 2002

[Mise en ligne le 20/11/2002]

Dans sa réponse à une question parlementaire sur la gestion des déchets nucléaires en Grande-Bretagne Michael Meacher, ministre britannique de l’Energie, reconnaît que le Gouvernement « a l’intention, dans le cadre de l’évaluation des options de gestion des déchets radioactifs, de ne pas intégrer seulement les matières actuellement classées comme déchets, mais également d’évaluer les conséquences de la prise en compte d’autres matières que l’on pourrait être amené à gérer comme déchets au cours de la période concernée, comme le plutonium séparé, l’uranium ainsi qu’une certaine quantité de combustible irradié ». Cette déclaration intervient dans un climat déjà difficile pour l’industrie du retraitement britannique. Dès le 5 septembre 2002, British Energy, le plus important producteur nucléaire du pays, privatisé en 1996, avait averti le Gouvernement qu’il risquait de faire faillite s’il ne recevait pas un soutien immédiat du gouvernement. (2)

Pour British Energy, cette crise est en partie imputable aux coûts des accords de retraitement. L’électricien, qui produit 20 % de l’électricité du pays, a ainsi également réclamé une restructuration à long terme, analysée par SERA (Socialist Environment and Resources Association), dans une lettre daté du 3 septembre 2002, comme un besoin de réévaluer le fardeau constitué par les accords de retraitement signés avec BNFL avant la privatisation. En fait, la plupart des analystes pointaient comme responsable principal les poids financiers de la gestion des déchets. Le RWMAC (Radioactive Waste Management Advisory Committee - commission consultative sur la gestion des déchets radioactifs), organisme indépendant qui conseille le gouvernement, avait prévenu dès septembre 2001 qu’il faudrait dans un avenir proche gérer les stocks de plutonium et d’uranium séparés comme déchets. Dans sa réponse à un document de concertation sur la politique de gestion des déchets radioactifs (« Managing Radioactive Waste Safely: Proposals for Developing a Policy for Managing Solid Radioactive Waste in the UK ») le RWMAC indiquait « il est désormais inévitable qu’au moins une partie des stocks actuels de plutonium et d’uranium britanniques devra être déclarée comme déchets à un moment donné ». (3) De plus, dans une réponse à une question parlementaire, faite le 22 octobre 2001 par le secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Industrie de l’époque, M. Wilson, le gouvernement reconnaissait que les stocks de plutonium séparé et d’uranium du retraitement s’étaient vus « attribuer une valeur nulle » dans le National Asset Register.

Les déclarations de Michael Meacher constituent une avancée supplémentaire dans la reconnaissance par le gouvernement britannique du problème que représente le stock de 82,4 tonnes de plutonium civil séparé (dont 17,1 tonnes d’origine étrangère) au 31 décembre 2001. (4) Sans oublier des quantités inconnues d’uranium provenant de l’industrie du retraitement britannique, qui représentent certainement un stock de plusieurs dizaines de milliers de tonnes. Les dernières déclarations du Royaume-Uni à l’AIEA sur les stocks nationaux de plutonium mentionnent également « 89.900 tonnes d’uranium appauvri, naturel ou faiblement enrichi civil dans le cycle nucléaire civil » qui pourraient contenir une partie des stocks d’uranium du retraitement.


Notes :

  1. House of Commons, Hansard Written Answers, Vol. 390, Part 186, Column 246W, 26 September 2002
  2. Voir WISE-Paris News, “British Energy, menacé de faillite, ne supporte plus le poids du retraitement Avec le soutien de parlementaires travaillistes, SERA presse le gouvernement de stopper les contrats avec BNFL”, 12 septembre 2002
    http://www.wise-paris.org/francais/nosbreves/annee_2002/nosbreves020912b.html
  3. Voir WISE-Paris news, “Part of plutonium and uranium stocks must be declared waste, says Advisory Committee to the UK Government”, 22 March 2002
    http://www.wise-paris.org/english/ournews/year_2002/ournews020322a.html
  4. Voir WISE-Paris News, “Le stock de plutonium britannique toujours au sommet”, 2 septembre 2002
    http://www.wise-paris.org/francais/nosbreves/annee_2002/nosbreves020902.html

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