Allemagne - Investigation Plutonium n° 4- 5
 

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Les mots du mois
Commission d'enquete pour superphénix

Les chiffres du mois

Le fonctionnement des installations de retraitement de La Hague est un succès pour la France et surtout pour ses clients étrangers. Sur les 12.124 tonnes de combustible eau légère retraitées au 1er mars 1998, 7.105 tonnes (soit environ 60 %) étaient d'origine étrangère, dont exactement la moitié (3.552 tonnes) provenait de réacteurs allemands. Au rythme actuel, sans accident ou incident technique majeur, les contrats "de base" (base load) pourraient être honorés d'ici la fin de l'année 2000 (les contrats étrangers d'UP2 ayant déjà été exécutés). COGEMA pourrait achever le retraitement des 8.156 tonnes de combustible irradié français sous contrat fin 2001 et la compagnie d'électricité française EDF n'a pas encore signé de contrat supplémentaire. Les seules quantités importantes (environ 2000 tonnes) sous contrat (très flexible) pour la période post-2000 concernent des compagnies allemandes. Rien d'étonnant à ce que COGEMA suive de près les élections en Allemagne.

Retraitement à La Hague (UP1 et UP2)
(en tonnes de métal lourd, cumul au 1er mars 1998)
   
Retraité
à UP2
  Retraité
à UP3
 
Total retraité par pays
France
 
5 019
 
0
 
5.019
Allemagne
 
1 643
 
1 909
 
3 552
Japon
 
151
 
2.223
 
2.374
Suisse
 
132
 
229
 
361
Pays-bas
 
85
 
141
 
226
Belgique
 
139
 
453
 
592
             
Total
 
7 169
 
4 955
 
12 124
             

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Les mots du mois

Le président de la compagnie d'électricité allemande Bayernwerk AG, Otto Majewski, se plaint, dans une lettre adressée le 24 juin 1997 au ministre fédéral des Finances, Theo Waigel, du projet du gouvernement fédéral de taxer les provisions faites par les compagnies pour le retraitement. Si cela était appliqué, "le retraitement, en tant qu'alternative au stockage géologique, serait à l'avenir éliminé comme moyen de gestion des combustibles irradiés". Il insiste sur le fait que "si les contrats de retraitement avec la France et la Grande-Bretagne étaient annulés ou limités [ceci aurait] des conséquences imprévisibles sur les relations avec la Grande-Bretagne et la France". Vue la montée de l'opposition au retraitement en France, ces conséquences pourraient bien ne pas être négatives !

"On ne résout pas ses problèmes en les exportants" déclarait en février 1997 Klaus Töpfer, alors ministre allemand du Développement local, au sujet du retraitement en France des combustibles irradiés allemands et du retour des déchets engendrés par le retraitement. Klaus Töpfer, qui dirige aujourd'hui le Programme des Nations Unies pour l'Environnement à Nairobi, a été longtemps ministre de l'Environnement et de la Sûreté nucléaire. Dans une interview accordée à WISE-Paris, il s'est déclaré conscient du fait que ces problèmes devaient être résolus "chez soi" : "je suis entièrement convaincu du fait que, dans certains cas, nous devrions être plus honnêtes avec nous-mêmes et dire clairement que nous n'avons pas évité le risque, mais plutôt que nous l'avons déplacé".

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Commission d'enquête pour Superphénix

L'Assemblée nationale française a décidé à l'unanimité de créer une commission d'enquête sur Superphénix et la filière des réacteurs à neutrons rapides qui devra enquêter sur "les conditions dans lesquelles ont été décidés la création, la mise en œuvre et l'abandon de Superphénix, ses conséquences sur la filière des réacteurs à neutrons rapides et de la surgénération, ainsi que sur les enseignements qui ont été tirés de cette expérience dans les domaines scientifique, administratif, financier, politique et environnemental".

Le lobby nucléaire espère ainsi remettre en cause la décision du gouvernement de fermer définitivement ce surgénérateur, alors que les parlementaires critiques entendent mettre en avant les innombrables erreurs et déboires du programme surgénérateur depuis ses débuts.

L'instigateur de la proposition de création de cette commission d'enquête, le RPR Robert Galley, lobbyiste pro-nucléaire de longue date, pensait limiter le mandat de la commission à "xx". Rien d'étonnant à ce qu'il n'ait pas cherché à se pencher sur le passé : Robert Galley était dans le gouvernement de Raymond Barre qui a imposé la construction de Superphénix en dépit d'une très forte opposition. On se rappellera par exemple que la manifestation de juillet 1977 qui rassemblait quelques 50.000 personnes avait été très violemment réprimée par les CRS. Un des manifestants avait été tué, et des centaines de personnes blessées.

La députée PS de la Drôme, Michèle Rivasi, a délicatement rappelé à l'Assemblée qu'une demande similaire de constitution d'une commission d'enquête n'avait pas été adoptée par la majorité de droite en... décembre 1976.

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