Allemagne - Investigation Plutonium n° 4- 5
 

Expert en exportation de problèmes

Juste après la seconde guerre mondiale, l'Allemagne n'était pas autorisée à s'engager dans un programme nucléaire. Mais elle ne mit pas longtemps à rattraper son retard. Elle a joué un rôle clé dans la mise sur pied en 1957 du premier consortium nucléaire européen, Eurochemic, dont l'objectif était la construction d'une usine de retraitement industrielle en Belgique. La signature du traité d'Euratom, en 1958, par laquelle l'Allemagne transférait à EURATOM son Système national de comptabilité et de contrôle des matières nucléaires, a ouvert la voie à la remontée de l'Allemagne dans le domaine des technologies liées au plutonium. Ce pays a développé une économie du plutonium complète, avec usines de retraitement industrielles et surgénérateurs. Mais face à une opposition politique croissante, renforcée par l'accident de Tchernobyl en 1986, l'industrie nucléaire allemande a été forcée d'abandonner son programme plutonium intérieur, alors qu'il avait déjà englouti des sommes considérables. Le programme surgénérateur a été arrêté en 1991, et le site du surgénérateur de Kalkar, jamais mis en service, est transformé en parc d'attractions. Le programme retraitement a été arrêté en 1989, et le site de Wackersdorf a attiré des usines de cellules photovoltaïques et de pièces automobiles. Finalement, l'industrie du MOX a Hanau a été arrêtée en 1994. Le "bunker" de plutonium du site doit être vidé dans les prochaines années. Mais, loin d'abandonner ces activités à haut risque, l'industrie nucléaire allemande s'est tournée vers ses homologues étrangers, français et britanniques en particulier, ravis de récupérer les affaires. A l'heure actuelle, les compagnies d'électricité allemandes ont des accords de retraitement avec COGEMA et BNFL. Ces deux compagnies, ainsi que la compagnie belge Belgonucléaire, fabriquent du combustible mixte uranium plutonium (MOX) utilisé dans certains réacteurs allemands.

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