Allemagne - Investigation Plutonium n° 4- 5
 

Les perspectives

L'industrie "intérieure" allemande du plutonium est "abgewickelt", expression signifiant "liquidé" utilisée dans le contexte de la fermeture des compagnies en ex-RDA après l'unification. Siemens, le principal fabricant nucléaire allemand, se tourne vers l'exportation pour compenser la baisse des marchés allemands. Alors que Siemens est partenaire de Framatome dans la joint venture NPI, l'annonce, en 1997, de son accord avec BNFL, le concurrent direct de l'industrie française du cycle du combustible, pour mettre sur pied une joint venture de services nucléaires (combustible, démantèlement, etc.) a ébranlé à la fois les industriels et les autorités. Siemens cherche par ailleurs à revendre des composants de l'usine abandonnée de MOX d'Hanau.

Aucun nouveau réacteur n'a été commandé en Allemagne depuis 1980 et l'avenir de l'industrie nucléaire ne s'annonce pas rose. Les compagnies reconnaissent cette situation en exportant vers la France et le Royaume-Uni les activités qu'elles n'ont pu poursuivre en Allemagne. De fait, l'opposition aux activités nucléaires en Allemagne renforce les activités dans ces deux pays. Même si cette évolution peut satisfaire des préoccupations locales, ces activités engendrent de nouveaux problèmes similaires en France et au Royaume-Uni. Tirant les conséquences de cette analyse, l'opposition en Allemagne a considérablement renforcé sa campagne contre les transports de combustibles irradiés vers les installations françaises et britanniques. Il est vrai que l'effet boomerang, avec son lot de déchets revenant de l'usine de retraitement de La Hague, n'a pas été accueilli avec enthousiasme en Allemagne . Il fallait s'y attendre !

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