Spécial Transport - Investigation Plutonium n° 6-7
 

Nouvelles !

Deux députés en faveur du mox
Fin d'une usine de retraitement

Le scandale des transports boulverse l'opinion publique

Chiffres du mois

Ce tableau donne wagon par wagon les niveaux de contamination par point de mesure excédant les limites réglementaires, sur les convois arrivés au terminal de Valognes (terminal de transfert rail/route) en provenance de centrales allemandes entre février 1997 et février 1998. Ces chiffres montrent que des niveaux atteignant 500 à 3.300 fois la limite réglementaire ont été trouvés sur une part non négligeable des 17 points de mesure. Même si la contamination la plus élevée, 13.400 Bq/cm2, concernait une surface "de la taille d'une pièce de monnaie", on a trouvé des contaminations allant jusqu'à 13.000 Bq/cm2 concernant des surfaces plus grandes (la totalité de la surface de mesure de 300 cm2). Ce tableau montre aussi que l'industrie était loin de maîtriser le problème. Au contraire même, la situation s'est nettement dégradée au cours des deux dernières années.

Reacteur   Type de conteneur   Date de transport   Valeur par point de mesure
( Bq )
 
Brunsbüttel
  TN17/2-701   07.07.97   2220

Grafenrheinfeld   NTL10   26.08.97   6000

Grafenrheinfeld   TN13/1-01   02.09.97   800
670
3300

Grohnde   TN13/2-308   18.08.97   1300
530
13000

Grohnde   TN13/2-308   22.09.97   13400
2000

Isar 2   TN13/2-308   09.06.97   6700

Philippsburg 1   TN17/2-703   17.02.97   8000
530
330

Philippsburg 2   TN13/2-308   20.01.98   5350
2700
2000
1300
1300
670
670

Philippsburg 2   TN13/2-308   17.02.98   10000
2000
2000
1300

Philippsburg 2   TN13/1-01   29.10.97   13000
3300
1300

Philippsburg 2  

TN13/02-308

  02.12.97   4000
2000
2000
1300

Philippsburg 2   TN13/1-301*   09.12.97   3300
2700
2000
1600
1300
1300
1000

Philippsburg 2   TN13/2-308   22.12.97   13000
3300
3300
2700
2700
2000
1600
1000
1000

* Selon NTL : TN13/1-01

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Deux députés en faveur du MOX

L'Office Parlementaire d'évaluation des Choix scientifiques et technologiques vient de publier un rapport sur la gestion des combustibles irradiés, le retraitement et le plutonium. Le rapport de Christian Bataille et Robert Galley nous rappelle que les stocks de plutonium qui s'accumulent en France ont atteint 65 tonnes à la fin de l'année 1996, ce qui est "largement au-dessus des 20 tonnes qu'EDF considère comme nécessaires" pour l'exploitation de l'usine de MOX (ce dernier chiffre paraissant très conservateur). Mais au lieu de recommander la réduction de sa production par le ralentissement ou l'arrêt du retraitement, ils se montrent plutôt en faveur de l'utilisation de MOX. Ayant précisé que selon eux, l'intérêt de l'utilisation du plutonium dans le MOX résiderait à la fois dans le contenu énergétique du plutonium renfermé dans les combustibles irradiés et dans la gestion des déchets nucléaires, ils écrivent :

"Dans ce sens, il apparaît évidemment de l'intérêt général :

  • de permettre le passage des REP utilisant les combustibles MOX de 16 à 28 dans le plus court délai (...),

  • d'étudier l'introduction des MOX dans les réacteurs de 1300 plus 1400 MWe,

  • surtout, de concevoir le futur réacteur EPR ("European Pressurized Reactor", réacteur européen à eau pressurisée) comme capable de consommer plus de plutonium qu'il n'en produit (...)."

Cependant, l'Office reconnaît ne pas avoir pris en compte les éléments économiques ou financiers (contrairement à de nombreuses compagnies d'électricité, l'Office paraît sûr que l'utilisation de MOX constitue un avantage économique). De plus, Robert Galley, repousse les considérations relatives à la prolifération, en déclarant que "ça ne tient pas ces choses". Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques,

Rapport sur l'aval du cycle nucléaire, par Christian Bataille et Robert Galley, députés,
Version provisoire présentée à la presse le 10 juin 98.

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Fin d'une usine de retraitement

Le 5 juin 1998, en réponse à une question parlementaire, le ministre britannique de la Science, de l'Energie et de l'Industrie, John Battle, a déclaré :

"L'UKAEA m'a informé qu'il n'y avait pas de justification économique pour maintenir le retraitement industriel à Dounreay sur le long terme. Le gouvernement a en conséquence décidé que Dounreay ne devait pas accepter de nouveaux travaux de retraitement. Le retraitement à Dounreay s'arrêtera donc dès que l'usine aura fini de retraiter son propre combustible, l'uranium hautement enrichi (HEU) et [achevé], les contrats commerciaux en cours".

L'usine de retraitement est entrée en service en 1977 et a surtout retraité des combustibles surgénérateur (environ 35 t à la fin 1995). La fermeture de l'usine de Dounreay, même si les stocks de plutonium britannique sont très élevés, va sûrement porter un coup supplémentaire à la justification économique de l'industrie du plutonium.

Source: Press Release from Department of Trade and Industry dated 5 June 1998, and Worldwide Reprocessing Summary, NAC International, March 1995.

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Le scandale des transports boulverse l'opinion publique

Le scandale du transport des combustibles irradiés a fait perdre au nucléaire de nombreux supporters... en Allemagne, selon un sondage publié par l'hebdomadaire "Der Spiegel" le 8 juin 1998. A la question : "L'industrie nucléaire a longtemps caché au public qu'il était arrivé que des transports de Castor [terme générique utilisé en Allemagne pour les conteneurs de combustible irradié, NDLR] soient contaminés. Les problèmes concernant les Castor et les mensonges de l'industrie nucléaire ont-ils changé votre opinion sur l'énergie nucléaire ?", 28 % des personnes interrogées déclarent qu'elles étaient en faveur du nucléaire et le sont encore, 44 % qu'elles étaient déjà avant les problèmes sur les transports pour une sortie du nucléaire et qu'elles le sont toujours. 23 % ont déclaré avoir été jusque là sur le fond favorable au nucléaire et être contre depuis l'affaire.

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