Belgique - Investigation Plutonium n° 9
 

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Les mots du mois

Chiffres du mois

Données annuelles concernant les stocks de plutonium frais
 
Au 31. Déc. 1996
(Arrondi à la centaine de kg de Pu)

1. Plutonium séparé frais stocké dans les usines de retraitement
 
-


2. Plutonium séparé frais en cours de traitement ou de fabrication et plutonium contenu dans des produits non-irradiés, semi-finis ou non finis, dans des usines de fabrication de combustible ou autres.

 
2,600 kg

3. Plutonium contenu dans du MOX frais ou autres produits finis, sur le site de réacteurs ou ailleurs .
 
100 kg
4. Plutonium séparé frais détenu ailleurs
 
negligeable
Total ( cette ligne n'existe pas dans le doc.officiel )
 
2,700 Kg
Notes:
(i) Plutonium apparaissant aux lignes 1 à 4 appartenant à des organismes étrangers: 0
(ii) Plutonium sous une des formes apparaissant aux lignes 1 à 4 détenu à l'étranger et ne figurant pas ci-dessus:0
(iii) Plutonium figurant dans les lignes 1 à 4 en cours de transport international avant son arrivée dans son Etat de destination: 0

 

Estimation des quantités de plutonium contenu dans les combustibles irradiés des réacteurs civils
 
Au 31. Déc. 1996
(Arrondi à la tonne de Pu)
1. Plutonium contenu dans les combustibles irradiés sur sites des réacteurs
 
12 tonnes
2. Plutonium contenu dans les combustibles irradiés sur le site des usines de retraitement
 
-
3. Plutonium contenu dans les combustibles irradiés sur d'autres sites
 
-
TOTAL ( cette ligne n'existe pas dans le doc. officiel )
 
12 tonnes

(Source: Mission permanente de la Belgique à l'AIEA, 12 Décembre 1997)

Ce tableau devrait contenir des données plus explicites. On notera par exemple que les "directives pour la gestion du plutonium" de l'AIEA, adoptées par la Belgique, requièrent explicitement la publication de données concernant l'inventaire de plutonium sur deux ans (au 31 décembre d'une année et entre parenthèses les données de l'année précédente), mais que la Belgique n'a publié ses données que sur une seule année.

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Les mots du mois

Un ancien membre de l'administration américaine en faveur des échanges plutonium/combustible irradié

Le Professeur Frank von Hippel, physicien de l'Université de Princeton, et ancien directeur adjoint de la sécurité nationale à l' "Office of Science" de la Maison Blanche préconise une approche originale pour la gestion des stocks de plutonium britannique. Comme nous l'indiquions dans Investigation Plutonium n°3, alors qu'il n'y a pas d'accord sur les projets d'utilisation au Royaume-Uni du plutonium séparé, l'industrie continue à produire du plutonium et aggrave la situation relative à la gestion de ses surplus de matières nucléaires.

"La gigantesque accumulation de plutonium civil séparé constitue une menace pour la sécurité globale et ne peut plus continuer d'être négligée. La mesure anti-prolifération la plus sûre est l'arrêt du retraitement des combustibles irradiés et la réduction des quantités stockées." Von Hippel propose que le Royaume-Uni échange avec d'autres pays du plutonium séparé et des déchets contre du combustible irradié sous contrat de retraitement, ce qui revient à échanger la même quantité de matière nucléaire avant et après retraitement. Ceci conduirait à la réduction de la quantité totale de combustible irradié retraité, et donc de plutonium séparé. C'est une excellente idée.

Il y a toutefois une erreur bizarre et il manque un chaînon dans la démonstration publiée par un des plus grands experts mondiaux sur le plutonium. Première erreur : "La France n'a pas d'important surplus national de plutonium qui lui permettrait de conclure de tels marchés". Bien que le surplus de plutonium britannique soit - pour l'instant - plus important que celui de la France, le stock de la compagnie française EDF se monte à environ 40 tonnes de plutonium (contre environ 60 tonnes pour le Royaume-Uni). Pas si petit que ça ! En ce qui concerne le chaînon manquant: de tels accords ne résoudraient en rien les problèmes de gestion du pays qui récupèrerait le plutonium provenant de stocks. Faudra-t-il en faire du MOX ou le considérer comme déchet, Monsieur Von Hippel ?

PS: Au fait, le stock de plutonium français a augmenté d'un facteur supérieur à 20 depuis que le pays a commencé à utiliser du MOX en 1987 afin... d'éviter les surplus de plutonium.

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