Belgique - Investigation Plutonium n° 9
 

Quel avenir ?

Comme en 1993, où un débat parlementaire avait eu lieu, entraînant un moratoire (voir page 4), un débat doit se tenir à la fin de cette année afin de préparer le vote d'une résolution. Toutefois, fin septembre 1998, aucun échéancier officiel n'était fixé. En 1993, les débats avaient duré plusieurs jours et il y avait eu des auditions d'experts de plusieurs pays (dont Mycle Schneider de WISE-Paris). Le débat de 1998 ne devrait pas être aussi important que celui de 1993. Selon certaines sources belges, le gouvernement entend se limiter à un débat d'une demi journée. Reste à voir comment les députés s'accommoderont du détournement de la décision d'origine qui consistait à organiser un large débat sur l'ensemble du sujet.

On peut dire avec certitude que le transfert récent de l'Administration de l'Energie au ministère de la Défense aura des répercussions sur le processus. Le ministre de la Défense, Jean-Pol Poncelet a ainsi récupéré en juin 1998 les attributions du ministre Elio Di Rupo, qui était en charge de l'Administration de l'Energie. Si Elio Di Rupo n'encourageait pas le débat public sur le nucléaire, que ce soit avec le public ou les journalistes, ou avec les autres membres du gouvernement, Jean-Pol Poncelet pourrait se révéler un lobbyiste pro-MOX hors pairs, dans la mesure où il a été pendant des années très impliqué dans ce domaine. Il a travaillé pendant cinq ans sur le MOX en tant qu'ingénieur à Belgonucléaire, puis a par la suite occupé des postes élevés dans le nucléaire. Il a notamment été Président du Conseil d'Administration de l'ONDRAF de 1991 à 1995.

Si la réduction des déchets constitue un objectif spécifique, le gouvernement et le parlement devraient rapidement se mettre d'accord sur l'abandon de la stratégie de "recyclage" du plutonium. En tout état de cause, outre le plutonium déjà séparé, l'ONDRAF aura des quantités importantes de combustible irradié non retraité à gérer.

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