ECO
- Pas de véritable gestion du risque nucléaire en France,
selon un rapport
l'agefi -AFP, Paris, le 2 mars 2004
Adresse originale : http://www.agefi.com/Quotidien_en_ligne/News/index.php?newsID=36639
[Mise en ligne le 02/03/2004]
La France ne s'est toujours pas dotée d'une véritable
stratégie de gestion du risque pour faire face à une
contamination importante du territoire en cas d'accident nucléaire
ou d'acte de terrorisme, affirme un rapport d'experts publié mardi.
Ces défaillances portent essentiellement sur les mesures "post-accident" pour
l'accueil des blessés irradiés et la décontamination
du territoire, a précisé devant la presse le Pr Constantin
Vrousos, qui a présidé les travaux de onze experts, à la
demande de l'Autorité de sûreté nucléaire
(ASN).
"Les experts se sont étonnés de l'absence de tout programme
officiel pour définir une stratégie de gestion sociale
et économique des territoires éventuellement contaminés
(...), qui prendrait en compte le suivi sanitaire des populations,
le suivi radiologique de l'environnement et des denrées alimentaires",
note le rapport.
Les experts souhaitent notamment une meilleure
formation des services d'urgence des hôpitaux à la prise en charge des victimes
irradiées. Ils ont également souhaité que les
exercices de crise ne se limitent pas à la phase de l'accident
lui-même.
De son côté, le Pr Michel Bourguignon, directeur adjoint
de l'ASN, a précisé qu'un programme, mis en place il
y a deux ans pour un coût global de 160 millions d'euros, avait
permis la formation de 400 spécialistes des Samu, qui vont à leur
tour former leurs collaborateurs.
Les experts épinglent d'autre part certaines pratiques dans
l'industrie non nucléaire et dans les cabinets médicaux. "Un
effort particulier doit être fait dans les industries utilisant
des sources radioactives", note le rapport. La commission demande notamment
un meilleur contrôle des gammagraphes, ces appareils qui permettent
d'étudier la structure interne des corps opaques.
La réglementation devrait également être respectée
pour les travailleurs itinérants, qui ne bénéficient
pas du même suivi médical que les autres face aux risques
d'exposition. "Il faudrait des dispositions au niveau européen",
a souhaité le Pr Vrousos, rappelant que ces travailleurs sont
appelés à opérer dans différents pays européens.
Les experts tirent également la sonnette d'alarme pour certaines
pratiques des cabinets médicaux. Si les pratiques sont le plus
souvent correctes dans les grands hôpitaux, "la culture de la
radioprotection n'est pas toujours allée jusqu'au cabinet du
radiologue ou du vétérinaire", a regretté le Pr
Vrousos. Les experts recommandent une véritable formation du
corps médical, ainsi que des infirmiers et des manipulateurs.
Cette formation est absente des études médicales, notent-ils.
Les experts recommandent enfin que certaines
institutions -fédérations
sportives, assurances ou pouvoirs publics- "vérifient la pertinence" des
examens radiologiques demandés, qui entraînent des expositions
souvent inutiles.
© 2004 AFP
Retour