Premier trimestre 2000
Le
gouvernement belge remet en question le contrôle-qualité
des déchets du retraitement à La Hague
WISE-Paris, le 4 Mars 2000
[Mise en ligne le 04/03/2000]
Le
communiqué de presse publié le 3 mars 2000 par le Secrétaire
d'Etat à l'Energie belge, Olivier Deleuze, met implicitement
en question la garantie du contrôle-qualité des colis de
déchets produits dans les installations de l'usine de retraitement
de La Hague.
Selon le communiqué, le jour même, le
Conseil des Ministres a demandé au Secrétaire d'Etat d'informer
la compagnie belge SYNATOM, que bien que " le gouvernement marque
son accord sur la réception du premier des quinze colis de déchets
radioactifs vitrifiés actuellement à La Hague (France)
", il stipule que " cette réception n'engage pas le
gouvernement pour la réception des colis suivants ". SYNATOM
est chargé par les compagnies d'électricité belges
de l'exécution des contrats de retraitement avec la COGEMA.
La
décision du Conseil des Ministres définit les critères
de réception des déchets.
"
Le gouvernement organisera le contrôle de ces déchets sous
deux aspects :
-
Vérification de la conformité du colis à réceptionner
avec les critères d 'acceptation établis par l'ONDRAF
(analyse non destructive) ;
- Un contrôle physique informant
de la durée de vie des différents composés utilisés
(qualité de la vitrification, période de refroidissement,
dose de neutrons émise pendant la phase d'évacuation...)
- (analyse destructive sur échantillon).
Ce
ne sera qu'à l'issue de ces contrôles que le reste de la
réception des colis suivants sera envisagée."
Le
gouvernement belge table sur le retour en sept ans de quinze colis,
les ch‰teaux de transport, contenant chacun 28 conteneurs de déchets
vitrifiés. Cependant, la question des autres catégories
- déchets de moyenne activité comme les bitumes ou les
déchets de faible ou moyenne activité cimentés
- n'est pas résolue.
La
décision du gouvernement belge soulève la question du
contrôle-qualité pour des déchets dont la demi-vie
est très longue. à ce que l'on sait, un seul échantillon
de déchets vitrifiés a subi un contrôle destructif,
sur un total de plusieurs milliers de conteneurs produits. Dans le contexte
du scandale du contrôle-qualité qui secoue actuellement
la compagnie britannique BNFL, cette limitation de l'échantillonnage
pose la question de l'acceptabilité. Cette pratique paraît
d'autant moins acceptable si l'on prend en compte les conséquences
potentielles sur le long terme d'éventuels défauts de
fabrication des conteneurs, de verres de mauvaise qualité, d'inventaires
de radioactivité supérieurs aux spécifications
ou autres écarts éventuels par rapport aux spécifications
techniques admises.
L'usine
COGEMA de La Hague compte aussi parmi ses clients qui sont appelés
à recevoir un jour ou l'autre des déchets du retraitement,
des compagnies allemandes, japonaises, néerlandaises, suisses,
et plus récemment australiennes.
Quel sera le prochain à suivre l'exemple belge ?
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