Premier trimestre 2001
L'affaire
CEZUS : Contrôle-qualité de combustible nucléaire
hors service
WISE-Paris, le 4 janvier 2001
[Mise en ligne le 05/01/2001]
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le briefing complet sur l'affaire CEZUS (annexes inclues) en PDF, 14
pages (225 Ko)
1. Résumé des événements
En août 2000, lexploitant du réacteur numéro 2
de la centrale de Nogent-sur-Seine, à 120 km du centre de Paris,
détecte une rupture de gaine de combustible (radioactivité
anormale dans le circuit primaire de refroidissement). Lenquête
menée par le fabricant du combustible Framatome à la demande
de lexploitant EDF conduit à la découverte de ce
qui est une véritable affaire. Particulièrement troublant :
18 mois après son déclenchement, le problème a
été découvert en usine et dissimulé,
c'est-à-dire non communiqué aux acteurs concernés
à un moment où un concurrent, la société
britannique BNFL se trouvait au centre dun scandale sur le
contrôle qualité de combustible au plutonium MOX qui
a conduit lentreprise au bord de la faillite.
La compagnie CEZUS (Compagnie Européenne de Zirconium), alors
filiale commune de COGEMA et de Framatome, a connu à partir d'août
1998 un problème de contrôle qualité dans son usine
de Paimbuf (France) qui fabrique des tubes en zircalloy pour les
assemblages combustibles nucléaires à uranium et au plutonium
(MOX). Décelé dés février 2000 par les exploitants
de cette usine, le problème n'a, malgré une visite d'inspection
par l'autorité de sûreté nucléaire, la DSIN,
en septembre 2000 pas été signalé par la direction
de CEZUS. C'est officiellement Framatome, comme client et maison mère
(qui détient aujourdhui 100 % du capital), qui a été
informé et a signalé l'incident le 6 novembre 2000
à la DSIN et à ses propres clients, les utilisateurs du
combustible fabriqué à partir des 900.000 tubes environ
produits pendant la période : EDF (qui a d'ailleurs à
son tour informé la DSIN) et des exploitants nucléaires
répartis dans au moins neuf pays en Europe (Allemagne, Belgique,
Espagne, Suède, Suisse), Amérique du Nord (États-Unis),
Afrique (Afrique du Sud) et Asie (Japon, Corée du Sud, Chine).
La DSIN déclare avoir informé les autorités de
sûreté des pays concernés dans les jours suivant
le 6 novembre 2000. Cependant, la DSIN retirera plus tard
de la liste la Suisse, le Japon et la Corée du Sud (voir 6ème
paragraphe).
La DSIN a classé au niveau 1 sur l'échelle INES
(International Nuclear Event Scale, qui en compte 7) cet " incident
générique ". Celui-ci est attribué à
EDF, pour " défaut de contrôle " de
l'exploitant sur le système de contrôle qualité
de son fournisseur. L'autorité de sûreté française,
dont un directeur adjoint considère que l'événement
" ne pose pas de problème de sûreté ",
aurait même classé celui-ci au niveau 0 sans le " délai
important entre la découverte et la déclaration de cet
incident ", estimant toutefois " qu'il n'y
a pas eu dissimulation ". L'autre directeur adjoint du
même organisme considère pour sa part que " ce
comportement est tout à fait anormal " pour conclure :
" on na pas le droit, si on travaille dans le secteur
nucléaire " à ce genre de comportement.
Le délai dinformation a une conséquence irréversible :
les tubes concernés par le défaut de contrôle, identifiables
au sein des lots tant que ceux-ci ne sont pas utilisés, ont entre
temps tous quitté l'usine de Paimbuf et ont été
livrés, puis assemblés, et pour l'essentiel chargés
en réacteurs. Ainsi, pour EDF, les gaines concernées sont,
selon une information fournie par la DSIN à WISE-Paris, réparties
dans 1.263 assemblages dont 1.140, soit plus de 90 %,
auraient déjà été chargés dans 49
des 58 réacteurs à eau pressurisée d'EDF.
Pour les dizaines de clients étrangers de CEZUS/Framatome cest
moins clair. La DSIN estime que cest désormais aux autorités
de sûreté des pays concernés et informés
de prendre les mesures qui simposent.
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