Quatrième trimestre 2000
Installations
militaires hors contrôle
WISE-Paris, le 18 décembre 2000
[Mise en ligne le 18/12/2000]
La CFDT proteste vivement contre le fait que les installations nucléaires
de base secrètes (INBS), servant aux besoins des programmes d'armement
nucléaire, soient exclues du champ d'application de la réforme
du contrôle nucléaire en France. En effet, il paraît
que la dernière version du texte de création d'un nouvel
Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire
(IRSN), qui regrouperait l'Institut de protection et de sûreté
nucléaire (IPSN) et l'Office de protection contre les rayonnements
ionisants (OPRI), réserve le contrôle des installations
militaires du Commissariat à l'énergie atomique (CEA)
au... CEA.
IPSN
Fontenay-aux-Roses ; OPRI Le Vésinet
Communiqué de Presse
- 10 décembre 2000
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La réforme de la sécurité
nucléaire ne peut sarrêter aux portes du nucléaire
militaire
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Fidèle à son discours dinvestiture, le Premier
Ministre a engagé une réforme tendant à rendre
le contrôle du nucléaire plus lisible pour les citoyens
et plus efficace.
Dans ce cadre la CFDT a été reçue
dés 1998 par le député J.Y. Le Déaut chargé
dune mission par M. Jospin. Elle sest alors prononcée
pour le regroupement de lIPSN et de lOPRI dans un établissement
public indépendant chargé de lensemble de lexpertise
et de la recherche dans le domaine du risque nucléaire (sûreté
et radioprotection).
Cest le but de lamendement préparé par le
gouvernement en vue du débat du 12 décembre à lAssemblée
(1) de créer ce nouvel Institut de Radioprotection
et de Sûreté Nucléaire (IRSN).
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Cependant la CFDT a été extrêmement
surprise dapprendre que le Haut Commissaire du CEA avait
convaincu le Ministre de la Défense de faire modifier le
texte in extremis pour exclure le nucléaire militaire des
compétences du nouvel institut alors quactuellement
ce sont des agents habilités secret défense de
lIPSN qui sont chargés de lexpertise en sûreté
pour les INBS (2) .
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Le Haut Commissaire
du CEA invente le nucléaire militaire furtif
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Le Haut commissaire du CEA, déjà à
la fois contrôleur (puisquil est lautorité
de sûreté pour les INBS) et contrôlé
(car CEA lui-même) ne supporte pas lidée
que les experts qui le conseillent puissent appartenir à
un institut indépendant et veut continuer à gérer
ses becquerels militaires en famille à lintérieur
du CEA.
La CFDT ne peut imaginer
que le Haut Commissaire espère ainsi,
en isolant ces experts du reste de lIPSN, pouvoir mieux
les convaincre
dêtre plus " compréhensifs "
avec les exploitants des INBS du CEA.
Rendez-vous compte ! Ces experts indépendants pourraient
avoir lidée saugrenue de lui conseiller dappliquer
les mêmes règles de sûreté au nucléaire
militaire quau nucléaire civil ! INACCEPTABLE
vous dit le Haut Commissaire ! Circulez, il ny a rien
à voir.
Les effluents radioactifs sont les mêmes ? peu
importe, pour le Haut Commissaire, le nucléaire militaire
doit être aussi invisible aux citoyens français quun
avion furtif !
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La CFDT demande solennellement
au Premier Ministre,
de refuser de vider de sa substance la réforme du contrôle
du nucléaire
en en excluant la moitié des installations nucléaires
du CEA.
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Notes :
1 Proposition de loi de M. Aschieri pour la création de l'AFSSE
(Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale)
2 INB-S : Installations Nucléaires de Base Secrètes
: installations de la direction des applications Militaires et du
groupe CEA pour l'industrie ; réacteurs nucléaires des
sous marins on du porte avions CDG pour le Ministère de la
Défense
Pour toute information complémentaire contacter
François ROLLINGER téléphone bureau 01 46 54 85
58 ; téléphone domicile. 01 45 42 58 90 ; courriel :francois.rollinger@ipsn
.fr
IPSN - OPRI T
É L É C O P I EDate :08/12/2000
|
Expéditeur / From:
Denis MOGGIO CFDT/OPRI
e-mail : denis.moggio@opri.fr
François ROLLINGER CFDT/IPSN
e-mail : francois.rollinger@ipsn.fr
Fax : (00) 33 1 46 54 97 95
Tél.: (00) 33 1 46 54 85 58
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Destinataire / To :
Messieurs les députés :
M. Aschieri :
Mme Grzegrzulska : 03 23 64 76 77
M. Le Déaut : 03 82 20 97 27
Madame Bettina Laville ; cabinet du Premier Ministre
:
01 42 75 75 96
Monsieur Provost, cabinet du Ministre de la Défense
:
01 42 19 70 45
Copie par courriel à tous les secrétariats
de groupe
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Objet: Débat du 12 décembre : proposition de loi
relative à la création dune Agence française
de sécurité sanitaire environnementale ; contrôle
du nucléaire militaire
Monsieur le Député,
Face aux aspirations grandissantes de la société en matière
de protection de la santé de lhomme et de lenvironnement
et notamment sur la transparence du contrôle exercé par
lEtat, le gouvernement et le parlement ont engagé deux
réformes importantes :
-
lune relativeà la création dune
agence française de sécurité sanitaire environnementale
qui fera lobjet de votre débat du 12/12 à lAssemblée
Nationale
-
lautre relative à une réforme du contrôle
du nucléaire aussi bien sous laspect sanitaire (radioprotection)
que technique (sûreté).
Fidèle à sa tradition, la CFDT a contribué
par ses réflexions et propositions à ces débats
majeurs dans une société moderne. Dans ce cadre elle a
été reçue :
-
par le Monsieur le Député André Aschieri rapporteur
de la proposition de loi que vous débattrez le 12 décembre ;
-
par Monsieur le Député Jean Yves Le Déaut
auquel le premier ministre avait confié une mission sur la
réforme du contrôle du nucléaire.
Son souci constant a toujours été à la fois une
amélioration du système de contrôle et de sa transparence
et la préservation du capital humain représenté
par les hommes et les femmes qui assurent ce service.
La CFDT sest prononcée :
-
pour une agence de sécurité sanitaire et environnementale
qui soit une agence dobjectifs pouvant faire appel aux outils
existants tel que lINERIS en en renforçant la capacité
dintervention par des moyens nouveaux ;
-
un regroupement de lIPSN et de lOPRI dans un nouvel
établissement public industriel et commercial chargé
de lexpertise dans le domaine du risque nucléaire au
service des directions ministérielles en charge du contrôle.
Ces objectifs semblent partagés par la commission des affaires
culturelles, sociales et familiales qui a préparé votre
débat du 12/12 et par le gouvernement qui a préparé
un amendement dont le but est de :
-
créer un nouvel EPIC (appelé IRSN) regroupant les
missions dexpertise de lOPRI et lIPSN ;
-
assurer dans de bonnes conditions le transfert des contractuels
de droit public de lOPRI dans le nouvel EPIC.
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Cependant la CFDT est extrêmement surprise
dapprendre que selon cet amendement le nucléaire
militaire ne relèverait pas de ce nouvel organisme.
En effet si aujourdhui lautorité de sûreté
pour les INB-S (Installations Nucléaires de Base Secrètes :
installations du CEA/DAM ou du groupe CEA) est assurée
par le Haut Commissaire et non par la DSIN en charge de la sûreté
des INB civiles, lexpertise technique est assurée
par lIPSN dans les deux cas ce qui permet :
-
dassurer la protection légitime des secrets
de la Défense Nationale par le fait que les personnels
chargés de cette expertise sont habilités secret
défense ;
-
dassurer la cohérence de la démarche
de sûreté entre INB civiles et secrètes.
Couper ces personnels de lIPSN et les maintenir au CEA
ne pourrait que :
-
affaiblir leur compétence en les isolant des évolutions
permanentes de la sûreté dans le domaine des
INB civiles et en les coupant des ressources communes dans
les domaines spécialisés tel que le contrôle-commande
ou les facteurs humain et organisationnel ;
-
les soumettre à une pression accrue des exploitants
du groupe CEA en en faisant une petite (10 à 50 personnes
si on y ajoute le contrôle des matières radioactives)
unité isolée du CEA ne pouvant sappuyer
sur lensemble de la communauté IPSN ;
-
affaiblir le groupe CEA et lensemble du nucléaire
en décridibilisant durablement le contrôle des
installations nucléaires secrètes.
Pour la CFDT la clarification des rôles de contrôleur
et de contrôlé ne peut sarrêter aux portes
des installations nucléaires militaires. Elle considère :
quà terme la nouvelle direction générale
de la sûreté nucléaire et de la radioprotection
devrait avoir la charge du contrôle de lensemble
du nucléaire civil et militaire avec des personnels habilités
en conséquence) ;
quune première étape peut consister, comme
le prévoit le gouvernement, à étendre la
compétence du Haut commissaire aux INB Secrètes
du ministère de la Défense (arsenaux, installations
portuaires, ...) ;
que lIPSN et lOPRI doivent rester en charge de
lexpertise technique correspondant
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La CFDT ne pourrait que sopposer avec les personnels
de lOPRI et de lIPSN à une disposition excluant
le nucléaire militaire de la réforme en cours :
qui irait totalement à lencontre de la volonté
affichée par le Premier Ministre de séparer contrôleur
et contrôlé puisque pour les INBS de lindustrie,
le CEA serait à la fois exploitant nucléaire,
Autorité de sûreté (par le Haut Commissaire
du CEA) et expert en support de cette autorité ;
qui remettrait en cause la cohérence actuelle des
organismes existants en découpant lIPSN et lOPRI
pour isoler les personnels en charge du contrôle du nucléaire
militaire
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Nous sommes sûrs, Monsieur le Député, que vous
aurez à coeur de prendre en compte dans vos débats la
présente contribution et sommes à votre disposition pour
tout complément dinformation que vous jugeriez nécessaire.
Veuillez agréer nos salutations respectueuses.
Denis Moggio
représentant CFDT au
Conseil d Administration
de lOPRI
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François Rollinger
représentant CFDT au
Conseil de Direction
de lIPSN |
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