Décembre 2001
Issue
incertaine dans le procès opposant l'Irlande au Royaume-Uni sur
l'usine MOX de Sellafield
WISE-Paris, le 5 décembre 2001
[Mise en ligne le 05/12/2001]
Le 3 décembre 2001, le Tribunal des Nations Unies pour le Droit
de la Mer a rendu un jugement dans lequel il a rejeté les mesures
provisoires soumises par la partie irlandaise, mais en a prescrit d'autres
qui néanmoins peuvent gêner la mise en uvre complète
de l'usine MOX de Sellafield. Alors qu'il a refusé de demander
au Royaume-Uni de retirer l'autorisation pour le démarrage de
l'usine MOX comme l'avait requis l'Irlande, il a appelé les deux
parties à éviter tout acte qui " pourrait aggraver
le différend ". Le démarrage de l'usine serait certainement
considéré comme une sérieuse aggravation du différend.
Les parties sont aujourd'hui obligées de " coopérer
" et de " procéder sans retard à des consultations
dans le but d'échanger des informations supplémentaires
concernant les conséquences possibles, pour la mer d'Irlande,
de la mise en service de l'usine MOX "(1),
et ont jusqu'au 17 décembre 2001 pour en référer
au Tribunal. On peut supposer que le démarrage de l'usine MOX,
prévu pour le 20 décembre 2001, pourrait être retardé.
Le Tribunal a également pris note de la déclaration du
Royaume-Uni (2) selon laquelle " il n'y aura
pas de transports supplémentaires par voie maritime de matières
radioactives que ce soit à destination ou en provenance de Sellafield
résultant du démarrage de l'usine MOX ", avant octobre
2002. La question qui se pose alors est de savoir quelle sera la réaction
de l'Irlande, et ainsi du Tribunal International, face au retour planifié
à Sellafield courant 2002 du combustible MOX refusé par
le Japon (3).
Les mesures provisoires resteront en vigueur en attendant la constitution
d'une cour d'arbitrage, dont les auditions sont prévues pour
le début de 2002, dans le cadre de la Convention internationale
sur le Droit de la Mer.
L'Irlande, qui s'est félicitée de la décision
du Tribunal de déclarer " le tribunal d'arbitrage compétent
" (4), compte néanmoins user de son
" droit de rappeler le Tribunal International pour assistance,
au plus tard le 18 décembre " si aucun accord n'est trouvé
avant cette date. Non seulement elle entend en parallèle "
persuader le Tribunal d'arbitrage d'OSPAR d'enjoindre le Royaume-Uni
de fournir les informations qu'elle détient sur l'usine MOX ",
mais elle envisage également d'attaquer devant la Cour européenne
de Justice l'argument de justification économique fourni par
le gouvernement britannique.
Notes:
- Tribunal International pour le Droit de la Mer, Hambourg, l'Affaire
de l'Usine MOX (Irlande c. Royaume-Uni), Mesures provisoires, Ordonnance
du 3 Décembre 2001, http://itlos.org/cgi-bin/cases/case_detail.pl?id=10&lang=fr
- Tribunal International pour le Droit de la Mer, Hambourg, l'Affaire
de l'Usine MOX (Irlande c. Royaume-Uni), Mesures provisoires, auditions
publiques du 20 novembre 2001, http://itlos.org/cgi-bin/cases/case_detail.pl?id=10&lang=fr
- Suite au scandale lié à la falsification de données
par BNFL en 1999 (http://www.wise-paris.org/english/othersnews/year_1999/othersnews0000991007a.html),
le Japon a décidé de renvoyer le combustible MOX en
cause à Sellafield
- Joe Jacob, Ministre chargé de la Sûreté nucléaire,
communiqué de presse du 3 décembre 2001
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