Quatrième trimestre 2002
Le
scandale japonais de falsification des rapports de sûreté
des BWR touche la moitié des exploitants
Une révision radicale de la politique nucléaire
et l’annulation du programme MOX sont désormais exigées
au Japon.
WISE-Paris, le 15 octobre 2002
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:
Tableau
1. Problèmes de sûreté affectant les BWR japonais
et Fig. 1. Réacteurs nucléaires japonais
[Mise en ligne le 15/10/2002]
Ce qui était au départ « le
scandale TEPCO » en septembre 2002 se transforme en catastrophe
majeure pour l’ensemble de l’industrie nucléaire
japonaise. En date du 11 octobre 2002 , cinq des onze exploitants nucléaires
japonais avaient reconnu la falsification de rapports de sûreté
sur deux tiers (18) des vingt huit réacteurs à eau bouillante
que compte le pays, et les compagnies qui ont équipé les
BWR japonais sont toutes les trois impliquées dans la dissimulation
de problèmes liés à la sûreté.
Les révélations internes de juillet
2000, qui deux ans plus tard provoquent une telle tornade (1),
ont permis de dévoiler ce qui est probablement à ce jour
dans le monde le scandale le plus spectaculaire touchant l’industrie
nucléaire. Les falsifications effectuées à l’usine
de MOX britannique – et qui, ironie du sort, avaient conduit les
Japonais à renvoyer un lot de combustible dont le contrôle
était douteux – font figure d’incident mineur comparées
au scandale qui se développe au Japon.
Le scandale ne secoue pas seulement l’ensemble
de la politique nucléaire japonaise, et en particulier le programme
« Pluthermal » ; il affecte aussi fortement les espoirs
de contrats à long terme de l’industrie européenne
du MOX (2). Le Ministère de l’Economie,
du Commerce et de l’Industrie (METI) subit une crise de confiance
qui touche sa politique nucléaire et sa capacité à
contrôler l’industrie. Ce sont en fait les mêmes compagnies,
General Electric International Inc., Toshiba et Hitachi, qui ont équipé
les cuves de tous les BWR japonais et ont réalisé les
contrôles de ces mêmes équipements. Le Gouverneur
de la préfecture d’Aomori, où sont implantées
les installations d’entreposage de combustible irradié
en exploitation ainsi que l’usine de retraitement actuellement
en construction, a demandé que le METI ne soit plus chargé
du contrôle de la sûreté effectué par l’Etat,
et menace de bloquer les futurs transports de combustible irradié
vers Rokkasho-mura (3). L’assemblée
préfectorale de Fukushima s’est prononcée à
l’unanimité pour le rejet du programme MOX et pour une
révision de la politique énergétique nationale.
De plus, une seule des six compagnies exploitant les BWR est épargnée
par ce scandale, celle-ci n’exploitant qu’un seul réacteur
(voir tableau ci-dessous). Aucun des 23 réacteurs à eau
sous pression n’est touché par le scandale. Pas encore
?
Notes :
- Voir aussi dans Nos Brèves , “La
falsification par TEPCO de rapports de sûreté plonge
l’industrie nucléaire japonaise dans une crise profonde”
12 septembre 2002
http://www.wise-paris.org/francais/nosbreves/annee_2002/nosbreves020912a.html
- Voir aussi Others’ News, “Point
of View of Hitoshi Yoshioka: `National policy' being forced on power
firms”, The Asahi Shimbun, 5 October 2002
http://www.wise-paris.org/english/othersnews/year_2002/othersnews021008b.html
- Voir aussi Others’ News, “Toughen
safety controls - Nuclear regulatory agencies must be integrated”,
The Asahi Shimbun Editorial, 5 October, 2002
http://www.wise-paris.org/english/othersnews/year_2002/othersnews021008a.html
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Tableau
1. Problèmes de sûreté affectant les BWR japonais
et Fig. 1. Réacteurs nucléaires japonais
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