Quatrième trimestre 2002
Une
ONG américaine critique les résultats environnementaux
de COGEMA
Une publication récente de l’ONG américaine
Safe Energy Communication Council (SECC) a répertorié
des éléments « sur des activités impliquant
COGEMA qui mettent en danger la santé humaine et l’environnement
» (1), ainsi que des cas de non-conformité
à la réglementation internationale de COGEMA.
WISE-Paris, le 18 octobre 2002
[Mise en ligne le 18/10/2002]
« Le dossier COGEMA », document d’une
douzaine de pages réalisé par le SECC, accuse la compagnie
d’ignorer les accords internationaux pour développer ses
activités industrielles. L’interprétation assez
original de COGEMA, qui transforme en « impact zéro »
la politique de « rejets zéro» définie en
1992 par la convention OSPAR pour la protection du milieu marin de l'Atlantique
du nord-est, y est ainsi dénoncée, car inacceptable du
point de vue de la réglementation américaine.
Les auteurs de ce rapport reprochent à COGEMA
de nier ou de rejeter des résultats scientifiques concernant
les impacts sanitaires ou environnementaux de ses activités de
retraitement, comme les études sur les cas de leucémies
chez les enfants (2) ou le rapport effectué
par WISE-Paris pour STOA (3). « Le dossier
COGEMA » critique également la « culture du
secret » de la compagnie et son manque de respect de la réglementation
française. Plusieurs cas sont présentés, parmi
lesquels le retard de la fermeture de l’usine de fabrication de
MOX de Cadarache, les problèmes de contrôle-qualité
affectant la production de MOX ou l’importation de déchets
étrangers à La Hague.
Le SECC déclare dans son rapport que même
si la COGEMA n’est pas elle-même impliquée dans le
programme d’élimination du plutonium militaire américain,
sa « culture du secret, son mépris des lois internationales
et des normes scientifiques, et une liste de contaminations, de contrôle-qualité
défectueux, de déversements en mer, de fuites et d’amendes
risquent fort de se propager à sa filiale américaine »,
COGEMA Inc, chargée du développement du programme MOX
américain. Le SECC conclut que le ministère américain
de l’Energie, le DOE, ne devrait par conséquent pas passer
de contrat avec la COGEMA.
Notes :
- SECC, “The COGEMA File”, 1st
October 2002, http://www.safeenergy.org/pr100102.htm
- “The COGEMA File” citations:
- D. Pobel, J-F. Viel: “Case-control study of leukemia among
young people near La Hague nuclear reprocessing plant: the environmental
hypothesis revisited”, British Medical Journal, No. 7074
Vol. 314, January 11, 1997
- A-V Guizard, O. Boutou, D. Pottier, X. Troussard, D. Pheby, G. Launoy,
R. Slama, A. Spira and ARKM; “The incidence of childhood
leukemia around the La Hague nuclear waste reprocessing plant (France):
a survey for the years 1978-1998”, Journal of Epidemiology
and Community Health, July 2001, Vol. 55, pp. 469-74
- M. Schneider, et al.; “Possible Toxic
Effects from the Nuclear Reprocessing Plants at Sellafield (UK) and
Cap de La Hague (France)”, commissioned by the Scientific
and Technological Options Assessment Office (STOA) of the European
Parliament, WISE-Paris, October 2001, http://www.wise-paris.org/english/reports/STOAFinalStudyEN.pdf
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