Troisième trimestre 2002
Le
stock de plutonium britannique toujours au sommet
WISE-Paris, le 2 septembre 2002
[Mise en ligne le 02/09/2002]
Le 24 juillet 2002, le Royaume-Uni a publié
les données annuelles concernant son stock de plutonium civil.
(1) Il s'agit de la communication annuelle sur
la gestion du plutonium, délivrée par les Etats Membres
de l'AIEA par l'intermédiaire de leur mission permanente. Les
derniers chiffres fournis par le Royaume-Uni, qui correspondent à
l'état au 31 décembre 2
001, font apparaître une augmentation du stock
de plutonium civil séparé de 4,3 tonnes au cours de l'année
2001.
Ce chiffre marque un léger fléchissement du rythme de
l'augmentation des stocks, bien qu'il représente encore une augmentation
de 5,5 % du stock au cours de l'année 2001. Le stock de plutonium
au Royaume-Uni a en effet augmenté d'un tiers en six ans seulement,
passant de 54,8 tonnes à la fin de l'année 1996 à
82,4 tonnes à la fin de l'année 2001 (avec accroissement
de 3,4 à 9 tonnes par an selon les années), le niveau
le plus élevé au monde pour ce type de matière.
Plus de la moitié de cette augmentation de 27,6 t, soit 14,3
t, provient du retraitement de combustibles étrangers, les 13,3
t restantes provenant du retraitement de combustibles britanniques.
Une très faible part du plutonium séparé a été
réutilisée sous forme de MOX. Bien qu'il n'existe à
l'heure actuelle aucun projet d'utilisation de MOX dans les réacteurs
britanniques, le Royaume-Uni cherche à développer dans
le cadre de son industrie du retraitement, la fabrication de MOX en
tant que service destiné aux clients étrangers.
Le 3 octobre 2001, le gouvernement a autorisé le fonctionnement
de l'usine SMP (Sellafield MOX Plant), d'une capacité de 120
t/an de métal lourd. Auparavant, la BNFL exploitait une petite
installation pilote, MDF (MOX Demonstration Facility), d'une capacité
de 8 t/an (ML). La MDF a fonctionné de 1993 à 1999, et
n'a produit que 18 tonnes de MOX destinées à des clients
étrangers, une quantité qui correspond à la réutilisation
de guère plus de 1 tonne de plutonium séparé. La
MDF avait été fermée fin 1999, suite à la
découverte d'un vaste scandale de contrôle-qualité
affectant le programme de fabrication de MOX pour le Japon.
La nouvelle installation doit théoriquement
réduire les stocks de plutonium étranger qui s'élevaient
à 17,1 tonnes au 31 décembre 2001, et qui ont connu une
augmentation fulgurante au cours des cinq dernières années
(+ 500 %). Mais le carnet de commande est loin d'être plein, et
l'installation attire de nombreuses critiques. Ainsi le 9 novembre 2001,
l'Irlande a-t-elle déposé une plainte auprès du
Tribunal International du le Droit de la Mer, basé à Hambourg,
visant à empêcher l'exploitation de l'usine SMP. (2)
Reste encore à déterminer le sort
des 65,3 t qui composaient le stock de plutonium britannique au 31 décembre
2001. Avec la poursuite des opérations de retraitement, ce stock
semble en effet voué à augmenter, alors que sa valeur
économique est officiellement tombée à zéro.
M. Wilson, Secrétaire d'Etat pour le Commerce et l'Industrie,
déclarait en effet le 22 octobre 2001 en réponse à
une question parlementaire, que les stocks de plutonium séparé
et d'uranium du retraitement détenus par la BNFL se voyaient
"attribuer une valeur nulle" dans le National Asset
Register (registre rassemblant les avoirs de tous les ministères
britanniques et leurs agences.) (3)
Notes :
- Voir les données par pays sur le plutonium
"civil" séparé et contenu dans le combustible
irradié,
http://www.wise-paris.org/francais/nosgraphes/RET/PLU/StocksPuAIEA.fr.html
- Voir en anglais uniquement " Irish Government
Presents WISE-Paris Report as "Evidence" in Case Against
the UK Over the Sellafield MOX Plant ", WISE-Paris, 23 novembre
2001,
http://www.wise-paris.org/francais/nosbreves/annee_2001/nosbreves011123b.html
- Hansard, 22 October 2001, Trade and Industry, Column:
10W, Plutonium
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