Quatrième trimestre 2002
Cattenom
3 : retour à la « case surveillance »
L’Autorité de sûreté impose
de nouveau le renforcement des critères de surveillance.
WISE-Paris, le 25 novembre 2002
[Mise en ligne le 25/11/2002]
Après les prescriptions imposées par
l’Autorité de sûreté en été
2001 pour le redémarrage du réacteur 3 de Cattenom, suite
à la détection de plus de 90 défauts sur les crayons
combustibles, EDF est de nouveau sommé de baisser les seuils
de surveillance radiochimique du fluide primaire sur cette même
tranche. Quatre jours après avoir autorisé le redémarrage
du réacteur, l’Autorité de sûreté nucléaire
a adressé le 12 novembre 2002 à l’opérateur
une décision portant sur « les modalités de surveillance
», notamment « la détection de manière précoce
de l’apparition éventuelle de défauts d’étanchéité
» et « la limitation de la dissémination de matière
radioactive dans le circuit primaire en cas de dégradation importante
d’un assemblage combustible ». (1)
Pour mémoire, le 15 mars 2001, 92 crayons
contenant le combustible sous forme de pastilles et constituant la première
barrière de confinement des matières radioactives, ont
été trouvés endommagés ; certains présentant
des cassures nettes, et laissant se disséminer dans le fluide
primaire de refroidissement de la matière radioactive. Il s’agissait
d’un nombre « inédit » de défauts d’étanchéité,
par rapport aux 5 à 10 défauts observés en moyenne
et par an sur l’ensemble des 58 réacteurs du parc. Le chiffre
annuel moyen habituel de 0,1 crayon par réacteur a été
ainsi multiplié par 1.000. (2)
Plusieurs hypothèses avaient été
émises à l’époque, depuis la présence
d’un corps migrant, au défaut de fabrication, en passant
par l’usure par vibration, voire « le chargement d’assemblages
de conceptions différentes dans un même cœur… ».
Sans fournir d’explications, EDF les a écartées
pour se cantonner à l’analyse du phénomène
de fretting induit par des vibrations. Celles-ci auraient été
causées par le mouvement hydrodynamique de l’eau du circuit
primaire.
Ce phénomène, qui a touché
aussi les tranches 4 et 1, mais à moindre mesure, demeure aujourd’hui
mal expliqué. Le rapport établi par EDF et transmis à
l’Autorité de sûreté n’a toujours pas
été rendu public.
Notes :
- Communiqué de presse de la Direction Générale
de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection
du 18 novembre 2002, L'Autorité de sûreté nucléaire
(ASN) impose à EDF des conditions de surveillance radiochimique
particulières du fluide primaire de Cattenom 3, http://www.asn.gouv.fr/data/information/46_2002_note.asp
- Lire également:
Ø Les Lacunes de la Sûreté Nucléaire
d'EDF - Le Cas de Cattenom
http://www.wise-paris.org/francais/nosbriefings_pdf/010903BriefCAT1v1.pdf
Ø Un troisième réacteur touché
par des ruptures de gaines à Cattenom
http://www.wise-paris.org/francais/nosbreves/annee_2002/nosbreves020327.html
Ø Un redémarrage à l'aveugle : L'Autorité
de sûreté autorise la remise en fonctionnement du réacteur
3 de Cattenom
http://www.wise-paris.org/francais/nosbreves/annee_2001/nosbreves010903.html
Ø Des fuites sans précédent sur des
assemblages combustibles à Cattenom
http://www.wise-paris.org/francais/nosbreves/annee_2001/nosbreves010601.html
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